17.09.2009

Les 35 heures algériennes

Le nouveau week-end algérien (vendredi-samedi) a été une immense révolution du monde du travaille sans que personne ne le souligne!

En effet, personne ne veut travailler le vendredi matin.

Qui l'eut crut, le pouvoir en place assisté des religieux zélés ont accomplit ce que des décénnies de luttes ouvrières auraient eu du mal à obtenir; 4h de travail de moins par semaine. Vive les travailleurs!

Bien sûr que ce n'est pas encore applicable sur les chantiers, mais parfois le hasard des décisons prises à la vas-vite accolées à un refus religieux inapproprié (la prière du vendredi ne demande pas une journée entière d'arrêt de toute activité) donne naissance à tout autre chose, qu'un oeil optimiste verra en se frottant les mains et en riant doucement.

 

16.06.2009

Chicago d'Alaa El Aswany

Je lis en ce moment un livre qui reflète bien les nombreux et semblables problèmes que vivent l'Egypte, l'Algérie et surement beaucoup d'autres pays nord-africains, maghrébins ou arabes appellez-les comme vous voudrez.

Alaa El Aswany est un écrivain égyptien, il a étudié en français et poursuivit ses études aux Usa. Ce qui lui a permit d'écrire ce roman qui se déroule à Chicago dans le milieu étudiant immigré d'Egypte.

Candidat habitué aux best-seller

Son premier roman L'Immeuble Yacoubian, paru en 2002 est un véritable phénomène d'édition dans le monde arabe et est rapidement traduit dans une vingtaine de langues, en plus de faire l'objet d'adaptations cinématographique et télévisuelle. Il décrit la vie foisonnante d'un édifice autrefois grandiose du centre-ville du Caire, où les habitants font face à la corruption oppressante du régime et à la montée de la pression islamiste. Il enchaîne avec le roman Chicago, paru en 2006, qui dépeint la vie des étudiants arabes aux États-Unis après les événements du 11 septembre 2001. Ce livre connaît également un énorme succès de vente. (wikipédia)

 

Le livre se trouve au CCF d'Alger et je l'ai vu en vente dans quelques librairies, mais assez cher (das les 700 Da je pense). Facile à lire, pas très profond mais qui décrit quand même bien l'absurdité de nos systèmes.

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Extrait:

Danana annonça d’un ton plein de ferveur :

- au fait, j’ai une nouvelle qui va vous réjouir. J’ai appris de sources sûres que Son Excellence le président de la République va se rendre prochainement aux Etats-Unis et qu’il passera par Chicago.

Ils se mirent tous à chuchoter et il poursuivit :

- vous avez de la chance. Un jour, vous pourrez dire à vos enfants que vous avez rencontré le grand chef en personne.

Il aspira ensuite une bouffée de cigarette :

- je vous demande votre accord pour envoyer en votre nom un télégramme à Son Excellence le président, afin de lui renouveler notre allégeance et de lui exprimer notre joie de sa précieuse visite.

- Je ne suis pas d’accord, dis-je aussitôt.

Les chuchotements firent place à un lourd silence autour de moi.

Danana se tourna lentement vers moi et me dit d’un ton menaçant :

- à quoi vous opposez-vous exactement ?

- je m’oppose à ce que l’on envoi un télégramme d’allégeance au président. En tant qu’étudiants, nous ne pouvons pas accepter cette hypocrisie.

- Nous ne sommes pas hypocrites, nous aimons véritablement le président. Niez-vous que sa présidence soit historique ? Niez-vous que l’Egypte ait connu sous son mandat des réalisations gigantesques et sans précédent ?

- La corruption, la misère, le chômage, la dépendance, c’est cela que vous appelez des réalisations ?

- Vous êtes toujours communiste, Nagui. Je croyais que vous aviez mûri et que vous étiez devenu raisonnable. Ici, sachez-le, à l’amicale, il n’y a pas de place pour les communistes parmi nous. Nous sommes tous, grâce à dieu, des musulmans pratiquants.

- Je ne suis pas communiste et si vous compreniez le sens de ce mot vous sauriez que, de toute façon, ce n’est pas un crime.

- Son excellence M. Le président, qui n’a pas l’heur de vous plaire, a pris en charge le pays alors qu’il était grevé de problèmes chroniques. Grâce à sa sagesse et à l’impulsion qu’il a donnée, il a été capable de le conduire à la stabilité et à la sécurité.

- Ce sont les mensonges du parti au pouvoir. La vérité, c’est que la moitié des égyptiens vivent sous le seuil de pauvreté. Simplement au Caire, plus de quatre millions de personnes vivent dans des habitats précaires.

Il me coupa la parole d’une voix forte :

- Même si vous voyez des aspects négatifs dans la façon de gouverner de son excellence le président, votre devoir religieux est de lui obéir.

- Qui dit cela ?

- L’islam, si toutefois vous êtes musulman. Il y a un consensus chez les docteurs en religion pour stipuler l’obligation pour les musulmans d’obéir à leurs dirigeants, même s’ils les oppriment, aussi longtemps qu’ils attestent qu’il n’y a de dieu que dieu et que Mohamed est son prophète, et qu’ils font la prière aux heures prescrites. La sédition qui résulte de la lutte contre les dirigeants est beaucoup plus dangereuse que l’oppression pour la communauté des croyants.

- Ce discours n’est absolument pas celui de l’islam, c’est celui qu’ont forgé les théologiens de cour en se servant de la religion pour renforcer les régimes despotiques.

- Si vous contestez ce discours, vous enfreignez le consensus de l’ensemble des docteurs en religion et vous contrevenez à des principes avérés, savez-vous quel en est le châtiment ?

- Puis-je le lui dire, docteur ? s’écria un jeune homme d’un ton moqueur.

Danana le regarda en riant avec une sorte de gratitude et conclut :

- ce n’est pas nécessaire. Les conversations avec les communistes ne se terminent jamais. Ce sont des experts en dialectique stérile. Nous n’avons pas de temps à perdre. Je mets la question au vote.

… j’étais maintenant à leurs yeux un communiste athée. C’étaient là les procédés habituels de la Sécurité d’Etat, qui était toujours efficace pour noircir l’image de n’importe qui.

14.06.2009

Théâtre de l'absurde

Trois buveurs (deux hommes, et une femme qui parle peu) dans un bar n’arrivent pas à décoller.

-    Homme 1 : il est l’heure de partir (il regarde fixement son avant-bras sans montre)
-    Homme 2 : mais il n’y a pas d’horloge ici (scandalisé prêt à tout casser)

(Pourtant on entend en bruit de fond un tic tac constant d’horloge déréglée)

-    Homme 1 : et puis pourquoi partir ?! (il se rassoit)
-    Homme 2 : et pour aller où ?!

Le barman zigzag entre les tables. Un peu ivre. Les joues rouges. Il se fait des blagues et pouffe de rire tout seul « souk el khmiss wektache ? ». Il le répète sans cesse et rit à en étouffer.

Quelques heures plus tard...

-    Homme 1 : allez un dernier pour la route !
-    femme : de toute façon ils ont enlevé la porte
-    Homme 1 : pour ne plus entrer ou pour ne plus sortir ?

Une bombe explose au loin. Les buveurs ne bougent pas. Les bouteilles tremblent.

-    Homme 2 : merde, ils ont encore fait sauter un bar. (Dit-il en comptant sur ses doigts)
-    Femme : sauter qui ? (s’écrie-t-elle)
-    Homme 1 : aller la dernière cigarette pour la route
-    Femme : personne ne me sautera, vivante ! (s’énerve dangereusement. Elle se lève brusquement et se jette par la fenêtre).

Personne ne la remarque.

-    Homme 1 : je vais écrire un livre !
-    Homme 2 : je vais créer un parti politique !
-    Homme 1 : demain
-    Homme 2 : oui demain
-    Homme 1 : j’ai une idée de titre
-    Homme 2 : moi j’ai une idée sur la démocratie
-    Homme 1 : demain on commence
-    Homme 2 : oui, demain

Quelques heures plus tard. Ils réussissent enfin à sortir du bar.
Le mouvement de la rue vivante les effraie alors.

- Homme: attends... on passe chez madame N. en face… Il parait qu’il y a de la bière pression chez elle…